31 juillet 2009
Voir Bono et rentrer à la maison
Nous avons vu U2 en concert à Croke Park (LE stade de Dublin) et ce soir là nous nous sommes sentis plus intégrés à la vie dublinoise que si nous nous étions trouvés dans le bus 46A à l'heure de pointe. Quelle joie de voir le petit Bono (il était pas tout près !) en vrai et de chanter à tue-tête avec 80 000 personnes. Pour U2 c'etait un concert à la maison (ils ont grandi à quelques kilomètres du stade) et ça a ajouté pas mal d'émotion au spectacle. À un moment, il a dit qu'il savait qu'il y avait plein d'étrangers dans le public et qu'il espérait que ces personnes avait saisi l'esprit particulier de l'Irlande. Et moi j'ai juste crié "ouiiiiiii".

Photo: Olivier beyssac
Comme nous habitons à 20 minutes à pied du stade (et accessoirement dans le quartier où les gars de U2 sont allé au lycée), nous sommes ensuite gentiment rentrés chez nous sans pâtir des bouchons dus aux dizaines de taxis venus attendre le client au sortir du spectacle. C'était en définitive une bonne cure de U2 puisque nous avions profité de leurs deux précédents concerts du week-end depuis notre jardin. Ha, ça change de Take That.
12:32 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bono, stade, extinction de voix
01 juillet 2009
C’était bien les vacances ?
Bah me revoilà. Deux semaines en France et me voilà ethnologue du dimanche matin. Prenez note, voici ma première leçon. Hem hem :
« Le supermarché est un terrain d’observation privilégié pour découvrir les habitudes alimentaires d’un pays. Ainsi je peux affirmer qu’en France on se nourrit des plats suivants : cassoulet en boite, couscous en boite, poulet basquaise en boite, paella en boite et choucroute en boite. Vu la taille du rayon vin rosé, je peux aussi affirmer que les français en boivent au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Il est amusant de tester tous les yaourts nature du rayon laitier. Quelle est donc cette tradition qui pousse les français à inventer autant de variétés de yaourts ? Et qui a assez de repas dans la journée pour les manger ? Pour finir, une petite devinette : savez-vous pourquoi les français ne peuvent pas travailler plus de 35 heures par semaine ? Réponse : parce qu’ils doivent passer plus de 133 heures chaque semaine dans les rayons des supermarchés, à comparer les 1200 marques de café et choisir parmi les 135 variétés de thon en boite. »
Demain : interro surprise.
13:44 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ethnologue, dogon, supermarché
05 juin 2009
A voté
Aujourd'hui, les irlandais et autres résidents importés des pays européens votaient pour élire leurs représentants locaux et européens. On avait bien fait attention à se faire inscrire sur les listes, on a bien renvoyé tous les papiers pour prouver qu'on habitait vraiment en Irlande et qu'on avait pas l'intention de voter aussi en France. Et donc aujourd'hui je suis allée voter.
Je ne vous dirai pas pour qui et de toutes façons ça ne vous dirait rien. Mais comme toujours ici, le scrutin était organisé avec simplicité. On ne m'a pas demandé de pièce d'identité, puisque je m'étais munie du carton de convocation comportant mon numéro d'électeur. Pendant un moment, la dame en charge de rayer les noms des électeurs au fur et à mesure qu'ils votent a cru que je ne pourrais pas voter, mon nom étant annoté d'un "E" suspect. Il a fallu qu'elle insiste lourdement pour que son équipier lache son bouquin et vérifie la signification du "E" dans ce qui semblait être le petit manuel du parfait assesseur. Ouf, ça veut dire que je suis ressortissante européenne, et que je peux voter pour les locales et les européennes. Ça tombe bien, c'est pour ça que je suis là.
On me donne deux bulletins et on retourne à sa lecture. Je suis désemparée, habituée que je suis au formalisme des scrutins français. Je demande si je peux aller voter maintenant, on lève les yeux de sa pafe et on me dit que oui. Je demande si je peux choisir n'importe quel isoloir, on me dit que oui. Ici, les isoloirs ne sont pas isolants. Je veux dire qu'ils ne sont pas fermés. On s'accoude un peu comme au bar et on inscrit ses choix avec un crayon, en numérotant la case faisant face à la photos des candidats choisis. Puis on plie les bulletins et on les glisse gracieusement dans l'urne. Et c'est tout.
En tout ça m'a pris 5 minutes. Je me suis sentie un peu perdue, sans le rideau bleu moche de l'isoloir, sans "a voté", sans monsieur barbu qui dispose soigneusement sa règle en plastique sous mon nom pour me faire signer. Par contre, je me suis rarement sentie aussi citoyenne européenne.
22:31 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vote crayon liste
15 juillet 2008
Happy Bastille Day !
Oui, je célèbre la fête nationale française (ou Bastille Day comme on dit en anglais) un jour en retard. Mais j’ai le droit. La plupart de mes adorables collègues m’ont souhaité un Happy Bastille Day, s’enquérant de mes projets pour célébrer dignement. Je n’ai osé avouer que j’ai fêté ça à coup de gigantesque croissant rassi (hmmmmmm au passage, ce fut délicieux).
Quand on m’a demandé si je comptais me rendre à la réception de l’ambassadeur, j’ai fait la blasée qui avait la flemme de se déplacer. J’ai quand même expliqué que pour être invité/e à la dite réception il fallait être inscrit à l’ambassade et avoir demandé une invitation avant le 10 juillet et être en possession d’une carte d’identité française en cours de validité et savoir faire la danse de la pluie. Ça n’a étonné personne, c’est dire la réputation de dé-simplificateurs chroniques qu’on se traine.
Enfin bref, toutes mes pensées vont vers mes compatriotes, j’espère que vous avez bien profité de la journée et n’avez pas manqué la retransmission du défilé ?
22:49 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : croissant, bastille, patrie
27 juin 2008
Le bourdon des lardons
“Une Lorraine qui se languit de ses chons est une expression pleine de la mélancolie métaphysique”Une penseuse
J’aime la quiche lorraine, c’est dans mes gènes. Mais qui dit « quiche » dit « lardon », voire « chon » (si le qui est un initié). Depuis que je vis en Irlande, j’ai appris à me passer de grenadine, de baguette, de steak tartare, de coquillettes et de pain d’épice. Même pas mal. Alors pourquoi cette sourde nostalgie culinaire ? Surtout que je vis maintenant dans le pays de la chips, du scone et du thé.
J’ai mis du temps à comprendre que le lardon est au cœur de mon ennui. Si on cherche bien, on peut trouver des semblants de lardons par ici : Marks & Spencers vend des lardons dits danois et Tesco propose des dés de pancetta. Mais voilà : rien n’est pire qu’un lardon qui n’en n’a pas le gout. Que c’est triste, une quiche goutant vaguement le gras salé, sans cette petite touche de fumé qui fait tout le charme de la quiche lorraine.
Que l’on se rassure, j’ai depuis résolu cette terrible énigme lardonne. L’important dans la quiche, c’est pas le chon, mais le fumé. Alors je fais maintenant des quiches lorraino-irlandaises, au bacon fumé. Comme disent les jeunes : « Ca le fait trop grave » (enfin, j’espère qu’ils ne disent pas vraiment ca parce que c’est ridicule). Voilà. L’intégration passe aussi par le chon.
Comme je vois que vous pensez que je suis obsédée par la bouffe, la prochaine je vous parlerai de l’affreuse barbe de Jack, ca vous changera.
22:26 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : lardons, quiche, jack
25 mars 2008
Environ 3,75
Voici une nouvelle curiosité de la vie en Irlande : on n’y trouve pas d’aiguilles à tricoter taille 3.5 mm. Mieux : on y trouve des 2.5, des 4.5 et même des 3 ¼ et des 3 ¾. Mais pas de 3.5. Quelqu’un a une explication ?
Bien entendu je me suis saisie de cette nouvelle occasion pour me rendre ridicule. Après avoir harcelé la vendeuse d’aiguilles et usé le gène de patience de mon mari, je suis repartie du magasin avec des 3 ¾ et aussi des 4. En rentrant chez moi, j’ai constaté avec joie que j’avais non seulement une magnifique paire de 3.5, mais aussi deux paires de 4. Et je jure que j’avais vé-ri-fié mon stock d’aiguilles avant de partir pour le magasin.
15:18 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : aiguilles, fuite, cerveau
18 janvier 2008
Mes rêves d’ailleurs
Ce billet est une réponse à Madame Tribu Goutain qui a eu l’idée de demander à ses lectrices quelles étaient leurs trois destinations de prédilection pour une expatriation. Je vais sans doute avoir l’air banale, mais voici mon tiercé gagnant :
1 – Les Etats-Unis (et San Francisco en particulier)

2 – Le Japon

3 – L’Italie

Mais pas de panique: on n'a pas prévu de quitter l'Irlande pour l'instant.
15:54 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ailleurs, pays, rêve
14 janvier 2008
Tu préfères le Noël ou l’Année ?
En matière de fossé culturel j’en connais un sacré rayon. La preuve : je vais vous parler du dilemme des vœux de fin d’année. C’est une information tellement exclusive et primordiale que je prends sur mon temps de travail pour vous en faire part.
En France on envoie ses vœux pour la nouvelle année en janvier, la règle d’or étant de le faire avant le 31 sous peine de se faire excommunier de la communauté de ceux qui envoient leurs vœux à temps. En Irlande, les cartes de vœux s’envoient en décembre, doivent arriver à leur destinataire avant Noël et sont donc globalement restreintes au champ lexical de Noël. Il est courant d’envoyer plein de cartes à plein de gens, même à des gens qu’on voit très souvent et d’exposer toutes les cartes que l’on a reçues sur un guéridon dans le salon ou sur le rebord de la cheminée. Alors que le vœu par carte interposée se raréfie en France, où l’on préfère souvent un bon vieux coup de téléphone ou un message via Facebook (c’est moderne, la France, parfois).
Si je résume, on a d’un côté des cartes qui doivent être reçues avant Noël et de l’autre des vœux quasi immatériels à envoyer courant janvier. Alors question : comment il fait le français qui vit en Irlande ? Réponse : n’importe quoi. Cette année j’ai eu la présence d’esprit d’acheter mes cartes de vœux en novembre, quand il y avait encore grand choix dans les rayons. Mais j’ai oublié de choisir des cartes « passe-partout ». Je les ai envoyées à la française, début janvier. Résultat : mes correspondants ont reçu en janvier des cartes estampillées Merry Christmas (Joyeux Noël), au dos desquelles j’ai ingénument écrit plein de gentilles choses sur la nouvelle année, prédisant qu’elle allait être trop bien.
L’an prochain j’envoie des cartes de bonne année en novembre. Ou des cartes d’Halloween à Pâques, ça fera carrément plus « grunge qui s’assume ».17:52 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : cartes, voeux, bourde

