19 août 2007
La matrone qui sommeille en moi
Il a fallu que je devienne une maman pour découvrir que j’étais une harpie. Les gens qui me connaissent personnellement diraient sans doute de moi que je suis une personne calme, plutôt positive et relativement peu bavarde. Ils diraient aussi que je suis brillante et sophistiquée mais c’est un autre sujet.
Seulement quand je suis avec ma fille, c’est une autre paire de manches. Je me suis entendue l’autre jour et me suis effrayée. « Ne cours pas au bord de l’eau c’est dangereux », « je t’ai déjà dit qu’il était interdit de descendre du trottoir et de se précipiter en courant sur la route », « non, ne touche pas les pneus du camion, tu vas te salir les doigts », « arrête de monter et descendre cet escalier sinon on va arriver à la crèche quand il fera nuit », « ne touche pas les vieilles canettes de bière qui trainent sous le banc », etc.
J’aimerais partager avec ma fille une vision gaie et colorée de la vie. Lui faire savoir que le monde est riche de promesses et qu’on peut se taire cinq minutes pour en profiter un peu. Mais pour le moment tout ce que je peux lui transmettre est une impression d’interdiction et de danger universels. Heureusement que j’ai le droit de colorier des vaches le dimanche après-midi, sinon je serais très frustrée en tant que mère, t’vois ?
00:35 Publié dans Mère givrée | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : vache, interdiction, bleu, harpie, vie

