27 juin 2008
Le bourdon des lardons
“Une Lorraine qui se languit de ses chons est une expression pleine de la mélancolie métaphysique”Une penseuse
J’aime la quiche lorraine, c’est dans mes gènes. Mais qui dit « quiche » dit « lardon », voire « chon » (si le qui est un initié). Depuis que je vis en Irlande, j’ai appris à me passer de grenadine, de baguette, de steak tartare, de coquillettes et de pain d’épice. Même pas mal. Alors pourquoi cette sourde nostalgie culinaire ? Surtout que je vis maintenant dans le pays de la chips, du scone et du thé.
J’ai mis du temps à comprendre que le lardon est au cœur de mon ennui. Si on cherche bien, on peut trouver des semblants de lardons par ici : Marks & Spencers vend des lardons dits danois et Tesco propose des dés de pancetta. Mais voilà : rien n’est pire qu’un lardon qui n’en n’a pas le gout. Que c’est triste, une quiche goutant vaguement le gras salé, sans cette petite touche de fumé qui fait tout le charme de la quiche lorraine.
Que l’on se rassure, j’ai depuis résolu cette terrible énigme lardonne. L’important dans la quiche, c’est pas le chon, mais le fumé. Alors je fais maintenant des quiches lorraino-irlandaises, au bacon fumé. Comme disent les jeunes : « Ca le fait trop grave » (enfin, j’espère qu’ils ne disent pas vraiment ca parce que c’est ridicule). Voilà. L’intégration passe aussi par le chon.
Comme je vois que vous pensez que je suis obsédée par la bouffe, la prochaine je vous parlerai de l’affreuse barbe de Jack, ca vous changera.
22:26 Publié dans Expatriée de la tête | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : lardons, quiche, jack

