05 juin 2009

A voté

Fotolia_3153145_XS.jpgAujourd'hui, les irlandais et autres résidents importés des pays européens votaient pour élire leurs représentants locaux et européens. On avait bien fait attention à se faire inscrire sur les listes, on a bien renvoyé tous les papiers pour prouver qu'on habitait vraiment en Irlande et qu'on avait pas l'intention de voter aussi en France. Et donc aujourd'hui je suis allée voter.

Je ne vous dirai pas pour qui et de toutes façons ça ne vous dirait rien. Mais comme toujours ici, le scrutin était organisé avec simplicité. On ne m'a pas demandé de pièce d'identité, puisque je m'étais munie du carton de convocation comportant mon numéro d'électeur. Pendant un moment, la dame en charge de rayer les noms des électeurs au fur et à mesure qu'ils votent a cru que je ne pourrais pas voter, mon nom étant annoté d'un "E" suspect. Il a fallu qu'elle insiste lourdement pour que son équipier lache son bouquin et vérifie la signification du "E" dans ce qui semblait être le petit manuel du parfait assesseur. Ouf, ça veut dire que je suis ressortissante européenne, et que je peux voter pour les locales et les européennes. Ça tombe bien, c'est pour ça que je suis là.

On me donne deux bulletins et on retourne à sa lecture. Je suis désemparée, habituée que je suis au formalisme des scrutins français. Je demande si je peux aller voter maintenant, on lève les yeux de sa pafe et on me dit que oui. Je demande si je peux choisir n'importe quel isoloir, on me dit que oui. Ici, les isoloirs ne sont pas isolants. Je veux dire qu'ils ne sont pas fermés. On s'accoude un peu comme au bar et on inscrit ses choix avec un crayon, en numérotant la case faisant face à la photos des candidats choisis. Puis on plie les bulletins et on les glisse gracieusement dans l'urne. Et c'est tout. 

En tout ça m'a pris 5 minutes. Je me suis sentie un peu perdue, sans le rideau bleu moche de l'isoloir, sans "a voté", sans monsieur barbu qui dispose soigneusement sa règle en plastique sous mon nom pour me faire signer. Par contre, je me suis rarement sentie aussi citoyenne européenne.